Suite à l’interview de F. Kaplan sur les ondes de la Radio Suisse romande ce matin, un auditeur demande si l’EPFL n’a pas fait une erreur de français en parlant d’une chaire d’«Humanités Digitales».

Parler d’«Humanités Digitales» est un choix assumé, argumenté, et revendiqué de l’équipe des chercheurs lausannois Unil-EPFL, depuis le démarrage de la plate-forme Humanités Digitales@unil en 2011. En effet, les «Digital Humanities» sont les Humanités «faites avec les doigts», le «digitus» latin.

«Ordinateur» ou l’anglais «computer» désignait un concept cérébral. Or, d’une part, avec la culture de l’iphone/ipad, nous entrons en contact avec le monde digital avec nos doigts, C’est un tournant que le directeur des bibliothèques de Harvard, Robert Darnton, illustre en évoquant le concept allemand de «Fingerspitzengefühl» dans son livre «The Case for the Books»: “we find our way through the world by means of a sensory disposition that the Germans call Fingerspitzengefühl. If you were trained to guide a pen with your finger index, look at the way young people use their thumbs on mobile phones, and you will see how technology penetrates a new generation, body and soul” (p. XIII)

D’autre part, le chercheur en Humanités Digitales tient de l’Homo Faber et réellement fabrique, crée les nouvelles sciences humaines et sociales. C’est de ces nouveaux moyens d’expression culturelle et académique que naissent en un temps second les questions de recherche fondamentales, complètement transformées, comme l’exprimait en mai dernier un article du magazine de Harvard (Harvard Magazine article :  “Scholars traditionally begin projects by figuring out what the good research questions are in a given field, and connecting with others interested in the same topics; they then gather and organize data; then analyze it; and finally, disseminate their findings through teaching or publication. Scholarship in a digital environment raises questions about every aspect of this process. For example, in gathering and organizing data”).

Pour plus de réflexion sur les Humanités Digitales, voir:

Claire Clivaz, «L’ère d’après ou Common Era 2.0. Lire la culture digitale depuis l’antiquité et la modernité», dans Reading Tomorrow. From Ancient Manuscripts to the Digital Era / Lire Demain. Des manuscrits antiques à l’ère digitale, C. Clivaz – J. Meizoz – F. Vallotton – J. Verheyden (eds.), with Benjamin Bertho, Lausanne : PPUR, 2012, paper and ebook, p. 3-22. L’ebook va paraître dans quelques jours: http://www.ppur.org

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