La vengeance de la gommette: on arrête d’apprendre à écrire aux enfants en Californie

Je la vois encore. C’était une gommette avec une cocinelle rouge, un peu comme celle-là:Capture d’écran 2013-06-18 à 11.07.51

Je devais avoir 6-7 ans, j’apprenais à écrire, et la maîtresse m’avait refusé la gommette cocinnelle, parce que mon «a» ne remplissait pas tout le carré dans la page. Rebelle (déjà :-), j’avais trouvé totalement absurde l’argument, et ne voyais pas au monde pourquoi il fallait qu’un «a» remplisse obligatoirement tout un carré.

Quelques 25 ans plus tard, c’est l’heure de la «vengeance de la gommette». Depuis jeudi, j’ai appris qu’outre-atlantique des écoles cessaient d’apprendre à écrire outre-atlantique. J’indique ci-dessous les liens à suivre pour le débat.Aucune surprise pour moi dans cette annonce: je m’y attendais depuis un moment. Mais un peu d’effarement, un «tout de même» naturel, un peu de tristesse nostalgique aussi, quand même. Un sentiment d’être un dinosaure, certain.

Mais ce matin, du fond de ma mémoire, le sourire malicieux de la fillette que j’ai été a ressurgi: la vengeance de la gommette m’a saisie. J’avais bien raison que ce n’était pas si important que cela, que le «a» remplisse tout le carré!

Que la mémoire de nos rébellions scolaires passées nous donnent l’élan de traverser nos nostalgies culturelles, inévitables.

http://www.nytimes.com/roomfordebate/2013/04/30/should-schools-require-children-to-learn-cursive/let-cursive-handwriting-die

http://www.cta.org/en/Professional-Development/Publications/2012/06/June-Educator-2012/cursive.aspx

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The real «scoop» of the so-called Jesus’ Wife Gospel: the transformation of the peer-review process

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Whatever the so-called «Jesus’ Wife Gospel» is authentic or not, the media marketing around this fragment has the advantage to make more visible the presence of the women in Ancient Christianities, and to speak to a wide audience about some Gnostic texts such as the Gospel of Philipp. It is good in itself.

But the authentic «scoop» of this announcement stands at another level: in an article written by Jeanna Bryner in LiveScience, on the 19th of October, we learn that the Harvard Theological Review renounces to publish Karen King’s article in the number of January 2013, whose draft is available online. As I suggested in another blog, the most interessant point of this episode is probably its impact in terms of digital culture. It forecasts and figures the transformation of the peer-review process of the scientific articles in Humanities, a strongly established point in the scholarly life.

The present withdraw of the article by HTR raised diverse reactions, as J. Bryner tells: Andrew Bernhard, Oxford university graduate, considers that it is an historical moment in the academic process, with a moove to more transparence and openess in the peer-review process. Hershel Shanks (Biblical Archeogical Society) considers this withdrawing as a «shame» and something «coward», whereas Robert Bagnall waits prudently for the last analysis of the document.

We have here an interesting example of the turning-point announced by Kathleen Fitzpatrick in her excellent book Planned Obsolescence. Publishing, Technology, and the Future of the Academy, available online: «I want to suggest that the time has come for us to consider whether, really, we might all be better served by separating the question of credentialing from the publishing process, by allowing everything through the gate, and by designing a post-publication peer review process taht focuses on how a scholarly text should be received rather than whether it should be out there in the first place».

Karen King’s article’s draft leads to such a transformation. First, it mentions some opinions of the peer-reviewers of the article, something unusual and new. Secondly, it is now reviewed by a number of other scholars on diverse websites, including this one. What is missing here is the centralisation and the moderation of the debate. As I told in my preceding blog, the Harvard Divinity School did not dare to propose also a blog / forum of discussion, a kind of a first «post-publication peer-review » process of the draft article. It should have been done, it should be done, rather than to count of an old mode of publication in a journal.

A historical point of view is here required: at the 17th century, the scientific journals were born, because they were the better way to diffuse quickly the opinions. In the English speaking world, the «Philosophical Transactions» have begun to spread scientific articles in 1662. In the French speaking world, as Dominique Vinck reminds (Hermès 57, 2010), the «Journal des Savants» succeded in 1665 to the informal network of scientific letters, hold by Father Mersenne with 200 scholars in Europe.

It is almost evident to assert today that we are facing a similar turn. The quality of the scientific exchanges requires now the transformation of the academic literary production. As Kathleen Fitzpatrick proposes it, one has now to dissociate the moment of the publication from this one of the credentialing. One needs an efficient post-publication peer-review process, with the moderation of the opinions of the best scholars in the field.

If we go in that direction, we will only realize what Charles S. Pierce discribed several decades ago:«The very origin of the conception of reality shows that this conception essentially involves the notion of a COMMUNITY, without definite limits, and capable of an indefinite increase of knowledge. And so those two series of cognitions – the real and the unreal – consist of those which, at a time sufficiently future, the community will always continue to reaffirm; and of those which, under the same conditions, will ever after be denied» (Peirce, The Essential Peirce, vol. 1, Houser et alii (ed.), p. 52).

Le véritable scoop de «l’Evangile de la femme de Jésus»: la transformation des normes de publication académique (peer-review)

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Quoi qu’il en soit de l’authenticité du fragment dit de l’«Evangile de la femme de Jésus», la publicité donnée à ce fragment aura eu l’avantage de mettre le projecteur sur le rôle des femmes dans certains mouvements chrétiens anciens, et de faire parler de textes apocryphes peu connus du grand public, comme l’Evangile selon Philippe. On ne peut que s’en réjouir.

Mais le véritable «scoop» de cet effet d’annonce se situe à un autre niveau, car un article de Live Science, écrit par Jeanna Bryner, a signalé le 19 octobre que la Harvard Theological Review (HTR) retirait pour l’instant de la publication du numéro de janvier 2013 l’article de la prof. Karen King, dont le brouillon est disponible online.

Comme je l’avais développé dans mon blog du 23 septembre, le point le plus intéressant de cet épisode médiatique est sans doute son impact en termes de culture digitale, et la transformation qu’il annonce du système «peer-review» des articles scientifiques en sciences humaines, pilier sans faille du débat et de la promotion académique.

La suspension de la publication par la HTR suscite diverses réactions, relayées par J. Bryner: Andrew Bernhard, diplômé d’Oxford, considère qu’on assiste probablement là à un moment historique dans l’histoire des processus académiques, en assistant à un progrès vers l’ouverture et la transparence dans le système du «peer-review». Hershel Shanks (Biblical Archeological Society) qualifie quant à lui d’«honteux» et de «couard» le retrait de l’article par HTR, tandis que Robert Bagnall, célèbre papyrologue qui a cautionné l’authenticité du document, se tait prudemment en attendant la fin de l’expertise.

Il est passionnant de voir se réaliser ici un tournant annoncé depuis au moins trois ans par Kathleen Fitzpatrick dans son excellent ouvrage Planned Obsolescence. Publishing, Technology, and the Future of the Academy, disponible online: «je souhaiterais suggérer que le moment est venu de considérer que nous pouvons obtenir de meilleurs résultats en séparant la question de l’accréditation de celle du processus de publication, en permettant un large accès à la publication, et en mettant au point un processus de peer review post-publication qui mette en lumière la manière dont un texte académique doit être reçu, plutôt que comment il doit être produit».

De fait, l’exemple de l’article de Karen King publié online sous forme de brouillon ouvre la porte à cette étape. Premièrement, il fait mention au début du texte du travail des reviewers officiels, nouveauté pour HTR. Deuxièmement, il est en ce moment en train d’être «reviewé» par de nombreux pairs, sur de multiples sites web, y compris sur ce blog. On voit que ce qui manque ici, c’est la centralisation et la modération des informations. En effet, comme je l’ai souligné dans mon blog précédant, Harvard n’a pas été jusqu’à oser la mise en discussion – le processus peer-review post-publication – de l’article «brouillon». Il aurait fallu, il faudrait encore le faire, plutôt que batailler sur l’accès à une publication dans une revue dont le format n’est plus satisfaisant.

Le regard historique est ici plus qu’instructif: le 17ème siècle a vu la naissance des revues scientifiques, parce que c’était le meilleur moyen de diffuser rapidement des opinions. Dans le monde anglo-saxon, ce sont les «Philosophical transactions» qui ouvrèrent le bal des articles académiques en 1662. Dans le monde francophone, comme le rappelle Dominique Vinck dans un article (Hermès 57, 2010), c’est le «Journal des Savants» qui en 1665 succéda au système informel des 200 correspondants épistoliers du Père Mersenne à travers toute l’Europe.

N’est-il pas quasi tautologique d’affirmer que nous sommes désormais à un tournant similaire, et que la qualité des échanges et de la pratique scientifique en sciences humaines et sociales demande, exige, appelle la transformation du système de production académique? Comme le propose Kathleen Fitzpatrick, il faut désormais dissocier le moment de la publication de celui de l’accréditation. Il faut mettre en place une modalité efficace de peer-review post-publication, qui modère et intègre les meilleurs réactions du domaine sur la question.

Qu’aurons-nous alors fait? Rien d’autre que ce que le philosophe Charles S. Peirce exprimait si clairement il y a plusieurs décennies: «L’origine même de la conception de la réalité montre que cette conception implique essentiellement la notion d’une communauté sans limites définies et susceptible d’une croissance indéfinie de la connaissance. Et ainsi ces deux séries de connaissances – le réel et l’irréel – comprennent celles qu’à une époque suffisamment future la communauté continuera toujours de réaffirmer, et celles que, dans les mêmes conditions, elle ne cessera jamais de nier» (Peirce, The Essential Peirce, vol. 1, Houser et alii (éd.), p. 52).

L’ «Evangile de la femme de Jésus» vu depuis la culture digitale: la Divinity School de Harvard maîtrise la communication digitale, à un point près.

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Le monde académique qui scrute les origines du christianisme et le grand public entendent beaucoup parler ces jours d’un fragment en copte daté du 4ème siècle et venant d’Egypte, présenté par la prof. Karen King (Harvard Divinity School, USA). Ce succès est dû au fait que dans ce fragment de texte, Jésus dit à ses disciples : «Ma femme…»

Dans ce blog, je souhaite décrypter ce phénomène du point de vue de la culture digitale. C’est un exemple très intéressant de la manière dont la Harvard Divinity School (HDS) s’est mise à la maîtrise de la culture et de la communication digitale, à un point près.

Premièrement, sur le site web en question, on peut avoir accès à un brouillon d’un article à paraître dans la Harvard Theological Review, qui intègre des remarques faites par les chercheurs qui ont fait la recension de l’article et signale que des analyses spectrométriques de l’encre sont encore en cours. Ce fait confirme ce qu’annoncent depuis quelques années les spécialistes des Humanités Digitales, soit l’obsolescence à moyen terme du système des revues, car les résultats sont diffusés et discutés avant la publication, comme le montre cet exemple. La certification du savoir académique est entré dans une période de refonte, dont on ne devine pas encore quels seront les nouveaux paramètres.

Deuxièmement, ce site illustre l’aspect multisensoriel de la culture digitale émergeante : l’image et le son sont sollicités en plus du texte. Or, sans prendre de risque, on peut estimer que les visiteurs du site auront souvent cliqué sur la video youtube de la chercheuse, alors que peu d’entre eux auront lu l’article de 52 pages. Un chercheur qui annonce une recherche historique par youtube, avec ce que cela signifie de rhétorique émotionnelle, tranche considérablement avec l’écriture historique que prônait la figure de proue de l’historicisme allemand Leopold von Ranke : une écriture dénuée d’émotions, propre à ennuyer le lecteur. Mon propos n’est ici ni de déplorer, ni de me réjouir de cette évolution, mais de la signaler et d’appeler à construire une communication scientifique qui intègre désormais ces nouveaux paramètres.

Ce mode de communication a presque des allures de contre-offensive académique : en effet, en mai 2012, Dan Wallace, directeur du CSNTM (Dallas) annonçait sur youtube la découverte de 7 papyrus très anciens du Nouveau Testament, dont un fragement de l’Evangile selon Marc qui daterait du premier siècle ! Ces papyri vont être publiés l’an prochain chez Brill, et on attend là aussi de savoir ce qu’il en est. Mais toujours est-il que l’intention rhétorique de Dan Wallace est claire : prouver la stabilité des textes du Nouveau Testament à travers les siècles.

Mais par-delà son savoir-faire en matière de contrôle digital de l’information, HDS a toutefois à mon sens manqué un point important : l’interactivité. En effet, le site ne prévoit aucun moyen de répondre, de laisser son avis, afin que Karen King donne la réponse aux réponses, et que le débat académique ait lieu sur le site. HDS aurait pourtant pu ainsi maîtriser jusqu’au débat, en le modérant. En effet, il a lieu en ce moment sur de multiples sites et forums de discussion, aussi bien que sur youtube. Gageons que ce sera pour la prochaine annonce…

On trouvera d’autres réflexions sur le fond du document dans cette intervention sur la Radio romande, la 1ère, dimanche 23 septembre 2012 dans «Hautes Fréquences»:

Lien sur le site de l’émissions : http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/hautes-frequences/

Lien pour télécharger le son : http://download-audio.rts.ch/la-1ere/programmes/hautes-frequences/2012/hautes-frequences_20120923_standard_sequence-1_dab4ae8f-1496-4bb4-a2b8-742fb2941696-128k.mp3

Un débat avec le père Albert Longchamps (directeur de la revue Choisir) a eu lieu sur la télévision suisse le 20 octobre:

http://www.rts.ch/video/emissions/religion/faut-pas-croire/4366777-madame-jesus-a-t-elle-existe.html

Harvard Divinity School’s Digital Control and Omission. The ‘Jesus Wife Gospel’ at the Digital stake

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In the scholarly world of early Christian origins and in a wider Western public audience, the news of a Coptic Egyptian Gospel fragment presented by Karen King (Harvard Divinity School, HDS) has mooved very fast, because of these words: ‘Jesus said to them: my wife…’.

I would like here to decipher the phenomenon from the digital culture point of view. It is a very interesting case of digital control by HDS, but the famous institution did also a big omission or mistake regarding the use of the new digital culture, as I will develop in a few remarks.

The website page illustrates in an acute way the emergent digital culture. First of all, a draft of a Harvard Theological Review article is already available online, underlining what is announced since a long time by DH experts: the inadequacy of the «review» system regarding the digital support of publication. If Harvard itself offers online its articles before to publish them in the journals, it is an evidence that the academic system of the peer-reviewing articles is in transformation.

Secondly, the webpage illustrates the multisensoriality proper to the digital culture, and even the victory of the image and sound on the written information. Indeed, I take no risk by considering that almost all the people will have cliked on the 2’29 min youtube moovie of the HDS webpage, but only very few of them would have read the 52 pages article… A scientific news is announced by a media that uses emotional impact (image, sound of a voice, words transmitting emotion, etc). It is a total revolution in the academic style of expression. We are here very far away from Leopold von Ranke advising to put out all emotional style from the historical writing, and worried to annoy his readers…

Such a youtube impact is also to situate in the US context: in May 2012, Dan Wallace, from the CNTM in Dallas, announced also on a youtube moovie the discover of seven very early NT manuscripts… Does HDS try here to offer a kind of «counter-announcement»? Academic fight and discussions are now largely using youtube. What a news…

But, last and not least, HDS did also a very important digital cultural omission in its website page, in my opinion. HDS did not consider one of the main features of the emerging digital culture: the interactivity. There is no possibility to add a point of view, to react – may by with another youtube moovie!!! – on the HDS website page. A lot of blogs have begun to react, as we can see, as well as comments on youtube. HDS would have got a still more strong impact by adding the possibility to react on the website. By offering an interactive rubric, HDS would have been able to moderate the reaction of people, to choose the critics and comments, and so to offer a webpage with the scholarly debate as well, and with Karen King answers. That would have been a complete digital control of the communication. For the next time, probably….

«Humanités Digitales»: mais oui, un néologisme consciemment choisi!

Suite à l’interview de F. Kaplan sur les ondes de la Radio Suisse romande ce matin, un auditeur demande si l’EPFL n’a pas fait une erreur de français en parlant d’une chaire d’«Humanités Digitales».

Parler d’«Humanités Digitales» est un choix assumé, argumenté, et revendiqué de l’équipe des chercheurs lausannois Unil-EPFL, depuis le démarrage de la plate-forme Humanités Digitales@unil en 2011. En effet, les «Digital Humanities» sont les Humanités «faites avec les doigts», le «digitus» latin.

«Ordinateur» ou l’anglais «computer» désignait un concept cérébral. Or, d’une part, avec la culture de l’iphone/ipad, nous entrons en contact avec le monde digital avec nos doigts, C’est un tournant que le directeur des bibliothèques de Harvard, Robert Darnton, illustre en évoquant le concept allemand de «Fingerspitzengefühl» dans son livre «The Case for the Books»: “we find our way through the world by means of a sensory disposition that the Germans call Fingerspitzengefühl. If you were trained to guide a pen with your finger index, look at the way young people use their thumbs on mobile phones, and you will see how technology penetrates a new generation, body and soul” (p. XIII)

D’autre part, le chercheur en Humanités Digitales tient de l’Homo Faber et réellement fabrique, crée les nouvelles sciences humaines et sociales. C’est de ces nouveaux moyens d’expression culturelle et académique que naissent en un temps second les questions de recherche fondamentales, complètement transformées, comme l’exprimait en mai dernier un article du magazine de Harvard (Harvard Magazine article :  “Scholars traditionally begin projects by figuring out what the good research questions are in a given field, and connecting with others interested in the same topics; they then gather and organize data; then analyze it; and finally, disseminate their findings through teaching or publication. Scholarship in a digital environment raises questions about every aspect of this process. For example, in gathering and organizing data”).

Pour plus de réflexion sur les Humanités Digitales, voir:

Claire Clivaz, «L’ère d’après ou Common Era 2.0. Lire la culture digitale depuis l’antiquité et la modernité», dans Reading Tomorrow. From Ancient Manuscripts to the Digital Era / Lire Demain. Des manuscrits antiques à l’ère digitale, C. Clivaz – J. Meizoz – F. Vallotton – J. Verheyden (eds.), with Benjamin Bertho, Lausanne : PPUR, 2012, paper and ebook, p. 3-22. L’ebook va paraître dans quelques jours: http://www.ppur.org

Un envoi de Marc Robinson, lors d’un échange bio-informatique, médecine, humanités digitales.

Robert Stevens' Blog

Ontologies are key for communication, but are they fit for purpose? Do they allow us to comunicate? The main driver for ontology authoring remains the need to communicate what we know about an entity, often a gene product. In this communication the speakers are usually annotators and the listeners are usually (or are the intended audience) biologists. We can then think of something like the Gene Ontology as a means of communitcation between an annotator speaker and a biology listener, and so the Gene Ontology should act like a language and annotations are utterances in that language.

We’ve recently had a paper exploring these questions with the Gene Ontology. That is, does the GO act like a language and do GO annotations behave like utterances in that language? The paper is

Leila Kalankesh, Robert Stevens, and Andy Brass. The language of gene ontology: a zipf’s law analysis. BMC…

Voir l’article original 711 mots de plus

What does it mean a “fundamental research question” in DH?

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Scholars reluctant to the DH scholarship often say: “OK… you build tools, you are able to deal with a huge amount of data, and what? What is the purpose? What do you get as new ideas, results?”. As far as I can see today, I guess that “fundamental research questions” are coming very often at a second time in the DH approach, by nature one can say, as I will argue.

With a lot of various scholars, I am also frustrated to see so often “fundamental research questions” apparently omitted. For example, I was this afternoon to a DH short paper here in Hamburg on “Experiments in Digital Philosophy” by Lou Bernard. The paper did not offer a word about a fundamental question in philosophy, but only questions regarding TEI encoding of texts and new ways to observe the academic production. Such a phenomenon occurs often in the DH papers. Why?

In May, an Harvard Magazine article clearly explained that “Scholars traditionally begin projects by figuring out what the good research questions are in a given field, and connecting with others interested in the same topics; they then gather and organize data; then analyze it; and finally, disseminate their findings through teaching or publication. Scholarship in a digital environment raises questions about every aspect of this process. For example, in gathering and organizing data”.

Digital Humanities are Humanities «made with the fingers», the «digitus» in Latin. Scholars have begun with a «Homo Faber» step in the DH scholarship, by litteraly «making» them. I am not arguing that it is good or not: it is the present situation. We are facing now a lot, a lot of diverse tools, particularly in the field of history, timelines and cartography representations, but we have got also a lot of diverse tools to analyze textuality. But – at a certain point – that’s logical.

Indeed, as the example developed by Debbie Rabina and Anthony Cocciolo this morning in their short paper shows, user research and user interaction can preceed and lead to theory and Humanities Content research (see the pattern below).

That’s the point: Humanities made with the fingers – Digital Humanities – open next to the research on the content and to reconsider then the produced tools again.

Dh 2012 in Hamburg

The DH 2012 in Hamburg has started with a brilliant conference by Claudine Moulin, available here:

http://lecture2go.uni-hamburg.de/konferenzen/-/k/13910

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The first two workshop days were like a «caverne d’Ali Baba», with for example a meeting on the tool «Voyant», a funny new way to do literary analysis.

http://voyant-tools.org/

http://hermeneuti.ca/workshops/dh12

Good news: Lausanne (Unil and EPFL) will organize the DH 2014. DH 2013 will happen in Nebraska (16-22 July 2013).